L’Afrique n’est pas à l’abri de la panique, bien que les émotions soient plus courantes parmi les élites urbaines mondiales du continent que parmi les populations rurales. Ce dernier est généralement exclu du développement, mais il est très clair que bien que le coronavirus soit dangereux, il ne causera pas autant de décès en Afrique que le paludisme.

Le FMI a subi d’énormes changements, plus keynésiens que jamais

Le paludisme n’a jamais poussé de nombreux dirigeants africains à déclarer l’état d’urgence ou à appeler à une “réponse coordonnée” car ils sont plus disposés à imiter la sémantique belligérante de leurs homologues occidentaux et les frontières absurdes plutôt que de prêter attention aux besoins fondamentaux de leurs populations.

Quoi qu’il en soit, si nous acceptons les enseignements tirés de son impact qui n’a pas été pleinement évalué, la pandémie de coronavirus a le potentiel d’apporter des changements satisfaisants aux politiques économiques que l’Afrique devrait adopter à court et à moyen terme.

À court terme, les annonces de mobilisation de ressources sont éblouissantes: 3 milliards de dollars aux États-Unis, 2,5 milliards d’euros (2,8 milliards de dollars) en Europe et plus de 450 milliards de francs CFA (756 millions de dollars) de la Banque centrale des États de l’Afrique de L’Ouest,  ce qui est une réalisation remarquable pour un régulateur financier qui n’est pas habitué à un tel luxe dans la création de devises.

Même le FMI poursuit son changement intellectuel, devenant plus keynésien à chaque crise majeure que les disciples les plus orthodoxes de l’économiste britannique John Maynard Keynes, prêts à injecter des sommes astronomiques dans l’économie mondiale.

Un grave déficit de financement pour les activités génératrices de revenus

Ces mesures contracycliques sont plus appréciées en Afrique, car leurs économies sont brutalement affectées par le déficit de financement des activités génératrices de revenus et la forte baisse de la demande mondiale. Le continent africain est confronté à des conséquences telles que la chute des prix du pétrole (qui sont désormais tombés en dessous de 25 dollars le baril) et la fin du tourisme mondial, comme en témoigne la fermeture générale de la frontière.

L’Afrique, déjà vulnérable aux risques de surendettement, subit de plein fouet ce choc à la demande mondiale. Trois de ses six principales économies (Algérie, Angola, Égypte, Maroc, Nigéria et Afrique du Sud, soit 65% du PIB du continent) dépendent fortement du pétrole (Algérie, Angola et Nigéria).

Dans la zone franc CFA d’Afrique centrale, les pays connaîtront un ralentissement à égalité avec celui de 2015-2016, ce qui a ravivé les craintes d’une dévaluation du franc CFA similaire à celle observée au second semestre 2016.

Trouver des contre-mesures structurelles pour relever les défis du développement

Pour l’Afrique, les principaux enseignements à moyen terme de la crise des coronavirus sont les suivants: Tant que l’Afrique ne cherchera pas de réponse structurelle à ses défis de développement, l’Afrique restera vulnérable aux chocs externes. Une chose est claire: le continent africain continue de sur-participer aux principaux secteurs du commerce international, c’est-à-dire que l’Afrique se limite à exporter des matières premières vers le reste du monde et attend passivement les retours pour recevoir des ressources financières instables et obtenir plus de profits.

Transformation des matières premières à domicile

Ce dont l’Afrique a vraiment besoin, c’est de transformer les matières premières localement, qui seules peuvent créer de la valeur et des opportunités d’emploi et diversifier la base de production de l’économie. Grâce à sa propre production, l’Afrique pourra fournir des produits pour son futur marché intérieur de plus de 2 milliards d’habitants et réduire sa dépendance vis-à-vis du reste du monde.

Aujourd’hui, l’Afrique est sur le terrain et attend d’innombrables fois l’aide des autres parties du monde. Espérons que l’Afrique pourra se remettre d’elle-même et comprendre enfin qu’elle ne peut pas sous-traiter indéfiniment tous les attributs de son indépendance économique.

 

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