Alors que l’épidémie de COVID-19 se propage à travers le continent, les chefs d’État africains prennent des précautions supplémentaires pour se protéger contre le virus. Dans les palais présidentiels, de nombreuses mesures ont été prises pour assurer leur sécurité personnelle ainsi que celle de leur personnel.

Paul Biya – Cameroun

Contrairement à la grande majorité des autres chefs d’État de la région, Paul Biya ne s’est pas adressé à ses concitoyens pour annoncer des mesures de lutte contre l’épidémie. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute et le ministre de la Santé Malachie Manaouda informent régulièrement le public de la crise sanitaire.

L’absence de Biya a provoqué des critiques de l’opposition et des rumeurs alarmistes sur son état de santé. Cependant, selon nos informations, Biya n’a pas été testé positif pour COVID-19.

Pour éviter toute contamination, il s’est retiré dans sa ville natale de Mvomeka’a, située à 180 km au sud de Yaoundé. Enfermé chez lui, il a interdit presque toutes les réunions liées au travail et ne voit qu’une poignée de personnes.

Il parle toujours à son fidèle conseiller spécial, le contre-amiral Joseph Fouda. Il reçoit également le chef d’état-major adjoint civil, Samuel Mvondo Ayolo, tandis que l’aide de camp de Biya, le chef d’escadron Mike Davy Ottou, se rend disponible. Les personnes non essentielles ne sont plus autorisées à pénétrer dans leur maison, située au sommet d’une colline surplombant la ville. Le gouvernement attend des instructions pour agir.

Alassane Ouattara – Côte d’Ivoire

Depuis fin mars, le président ivoirien partage son temps entre sa résidence à Abidjan et son domicile à Assinie, où il a vécu en isolement pendant plusieurs jours.

Hippolyte Ebagnitchi, maire de la station balnéaire, a rendu une ordonnance exigeant la fermeture de complexes hôteliers et de loisirs.

À Abidjan,  le chef de l’État se rend chaque matin à son bureau présidentiel,  où chaque pièce est désinfectée. Chaque fonctionnaire présent sur place est tenu de porter un masque ainsi que de prendre sa température et d’utiliser un désinfectant pour les mains avant que l’entrée ne soit autorisée.

Alassane Dramane Ouattara (ADO), est en contact permanent avec Patrick Achi, secrétaire général de la présidence, ainsi qu’avec Fidèle Sarassoro, son chef de cabinet.

Jusqu’à ce qu’il soit testé positif pour COVID-19 début avril, le ministre de la Défense Hamed Bakayoko était également Premier ministre par intérim. Le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly était en auto-quarantaine mais est maintenant de retour à son poste. Un autre contact clé est Masséré Touré, directeur des communications du président.

ADO reste en contact avec les membres du gouvernement par e-mail.

Depuis le début de la crise des coronavirus,  il n’a fait que deux apparitions publiques: la première lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale le 16 mars et la seconde lors de son discours à la nation le 23 mars.

Félix Tshisekedi – République démocratique du Congo

La Cité de l’Union Africaine, qui abrite les bureaux du chef de l’État de la République démocratique du Congo ainsi que ceux de son Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, sont régulièrement désinfectés. Certains membres du personnel travaillant pour Félix Tshisekedi ou la première dame, Denise Nyakeru, ne peuvent plus entrer en contact avec eux, sauf demande expresse du couple présidentiel. Tous les visiteurs doivent faire prendre leur température.

Seuls Vital Kamerhe, chef de cabinet de Tshisekedi, et François Beya, son conseiller à la sécurité nationale, ainsi que ses assistantes personnelles Michée Mulumba et Lina Muvaro, ont toujours un accès sans entrave. Kamerhe s’est retiré chez lui à N’sele, à la périphérie de Kinshasa, et ne part que pour visiter la résidence présidentielle.

Tshisekedi est particulièrement prudent étant donné que le coronavirus a eu un impact direct sur son entourage. Son conseiller politique Jacques Ilunga est décédé de COVID-19 le 27 mars et son conseiller spécial, Vidiye Tshimanga, est actuellement traité pour la maladie.

L’ancien président Joseph Kabila partage son temps entre sa ferme Kingakati et sa résidence officielle. Pour lui également, les visites ont été limitées au minimum.

Denis Sassou Nguesso – République du Congo

De retour à Oyo quelques jours plus tôt, le président de la République du Congo a présidé une réunion du conseil des ministres le 27 mars à Brazzaville au cours de laquelle tous les membres du gouvernement, lui compris, portaient des masques de protection. Tous les participants étaient séparés d’au moins un mètre.

Les réunions au Palais ont été considérablement réduites et des mesures de protection strictes sont en place pour Denis Sassou Nguesso (DSN) et son épouse, Antoinette Sassou Nguesso.

La DSN, qui s’est adressée au pays le 28 mars pour annoncer des mesures sanitaires d’urgence consistant en une interdiction générale et un couvre-feu, gère la crise en liaison permanente avec son chef de cabinet Florent Ntsiba et le Premier ministre Clément Mouamba, qui dirige le groupe de travail sur la réponse aux coronavirus.

Par mesure de précaution, l’entourage de DSN ainsi que les membres du personnel présidentiel et l’équipe de sécurité ont tous été testés pour COVID-19 et les résultats sont revenus négatifs.

Ali Bongo Ondimba – Gabon

Étant donné que le personnel non essentiel du président gabonais fait du télétravail, le palais présidentiel en bord de mer fonctionne avec un personnel réduit sur place et utilise des outils Internet tels que Google Meet pour les réunions, ainsi que WhatsApp et Telegram.

Ceux qui sont autorisés sur les lieux doivent faire prendre leur température à l’entrée du bâtiment et au premier étage, où se trouvent les bureaux du président.

Ali Bongo Ondimba (ABO) se rend toujours régulièrement à son bureau, bien qu’il ait la possibilité de gérer à distance le travail de son personnel depuis sa résidence privée du quartier de La Sablière, au nord de Libreville.

En plus des fonctionnaires prenant des précautions d’hygiène standard (désinfectant fréquemment les locaux, évitant les contacts physiques, etc.), qui sont en place depuis plusieurs semaines, les réunions du conseil des ministres n’auront lieu que “si nécessaire” et les ministres seront assis conformément à lignes directrices sur la distanciation sociale.

ABO a récemment organisé des réunions de visioconférence avec le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale et ses propres conseillers pour assurer la continuité des tâches quotidiennes, principalement de nature économique.

Seules les réunions de moins de 10 personnes jugées essentielles continuent d’avoir lieu, des directives de distanciation sociale étant appliquées lors de ces réunions.

Alpha Condé – Guinée

Les mesures mises en œuvre au Palais Sékhoutouréya lors de l’épidémie d’Ebola (de 2014 à 2016), et qui ont été assouplies par la suite, ont été renforcées. Le désinfectant pour les mains et les contrôles de température sont des procédures standard pour entrer.

En outre, le président Alpha Condé, qui a diffusé un message à la télévision le 26 mars annonçant l’urgence sanitaire, la fermeture des frontières et d’autres mesures restrictives, ne serre plus la main des personnes avec lesquelles il entre en contact.

Le secrétaire général de la présidence Kiridi Bangoura, le chef de cabinet Kalil Kaba, le directeur du protocole Mamady Sinkoun Kaba et l’assistant personnel du chef de l’État, Mohamed Lamine Condé, font partie du groupe restreint de membres du personnel qui ont des contacts quotidiens avec Condé. Il a également considérablement allégé son calendrier de réunions.

Ibrahim Boubacar Keita – Mali

Le président du Mali évite autant que possible le contact avec les objets. Ses téléphones sont désinfectés plusieurs fois par jour. Il en va de même pour ses dossiers avant d’être déposés à son bureau – les documents Ibrahim Boubacar Keita (IBK) procèdent alors à la consultation en portant des gants.

Pour renforcer la protection contre le coronavirus, plusieurs mesures ont été prises au palais de Koulouba, la plupart des employés télétravaillant.

Une dizaine de membres du gouvernement sont actuellement invités à assister aux réunions du Conseil des ministres, selon les questions prioritaires. Tous les participants doivent se laver les mains avec du savon puis un désinfectant pour les mains avant d’entrer dans la salle de réunion.

IBK ne serre plus la main  et reste à un mètre des autres. Il ne rencontre en privé que son Premier ministre, Boubou Cissé, et d’autres membres du gouvernement, en fonction du niveau d’urgence.

Paul Kagame – Rwanda

Le président du Rwanda continue de tenir des réunions en personne (tout en respectant les directives en matière de distanciation sociale) ainsi que des réunions par vidéoconférence.

Le Premier ministre Édouard Ngirente préside un comité directeur chargé de lutter contre COVID-19. Le groupe de travail supervise le fonctionnement 24h / 24 et 7j / 7 d’un centre de commandement à Kigali dirigé par le ministre de la Santé Daniel Ngamije, qui surveille et gère la riposte à la pandémie au Rwanda.

Mohamed Ould Ghazouani – Mauritanie

Bien qu’il n’ait pas annulé ses réunions, le président mauritanien a limité la participation à ces réunions à son cercle restreint de fonctionnaires et uniquement lorsque cela est strictement nécessaire.

En plus d’être tenus de porter un masque et des gants, les visiteurs doivent également se laver les mains avec un désinfectant pour les mains, qui a été placé devant l’entrée de son bureau. Après le couvre-feu de 18 heures, Mohamed Ould Ghazouani ne reçoit plus de visiteurs à son bureau ou chez lui, sauf en cas d’absolue nécessité.

Cependant, il continue de présider les réunions du conseil des ministres.

Macky Sall – Sénégal

Au palais présidentiel de Dakar, les heures de travail ont été réduites  – de 9h à 15h, avec des horaires alternés pour ceux qui partagent un bureau. Alors que les conseillers du président sénégalais ont toujours accès au palais, leurs assistants ont été renvoyés chez eux.

Le travail est discuté sur WhatsApp,  Skype ou par e-mail, et la plupart des réunions en face à face ont été annulées. Parmi les quelques membres du personnel de Macky Sall qui ont encore accès au bureau du président, il y a son chef de cabinet, Augustin Tine, le secrétaire général de la présidence, Mahammed Boun Abdallah Dionne, et le porte-parole du gouvernement, Seydou Gueye.

Le ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr rencontre encore parfois le président, bien que la plupart des réunions ministérielles se déroulent par téléphone. Les réunions du Conseil des ministres se tiennent désormais par vidéoconférence.

Des bouteilles de désinfectant pour les mains et parfois même des distributeurs automatiques de savon ont été placés dans les couloirs pour éviter toute contamination par le toucher.

Les températures sont prises systématiquement à l’arrivée au palais et les bureaux sont régulièrement désinfectés. Devant chaque entrée, un évier qui s’allume par le genou de l’utilisateur a été mis en place, ainsi que des sèche-mains pour éviter les essuie-mains.

 

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Rédaction

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