Le président gabonais Ali Bongo Ondimba, le 16 mars 2020. © Présidence de la République du Gabon

 

Le président gabonais a annoncé un arsenal de mesures destinées aux entreprises et aux ménages afin de contrer la crise économique consécutive au choc sanitaire du coronavirus.

Le président Ali Bongo a dévoilé le 3 mars les « mesures d’aide massives exceptionnelles » que le Gabon entend mettre en œuvre pour faire face au choc sanitaire du covid-19.

Avec un plan de riposte à 250 milliards de F CFA (plus de 381 millions d’euros), Libreville entend se porter au secours des entreprises en difficulté de trésorerie à hauteur de 225 milliards de F CFA, à travers un guichet d’urgence. Celles en cessation d’activité ou à la peine à cause de la crise sanitaire bénéficieront d’un moratoire sur le remboursement de leurs dettes bancaires, sans pénalité.

Des remises d’impôts seront octroyées à celles qui préserveront des emplois. Quant aux entreprises de services à la personne et aux petits commerces, ils verront leur impôt libératoire et leurs patentes réduits de moitié.

Le PIB menacé à hauteur de 17 %

Ce soutien touche également les ménages gabonais. Ainsi, les salariés mis en chômage technique recevront une allocation représentant entre 50 et 70 % de leur salaire brut, tandis que les revenus compris entre 80 000 et 150 000 F CFA seront maintenus. 4 milliards de F CFA et 2 milliards de F CFA seront mensuellement affectés à la prise en charge des factures d’électricité et d’eau.2,5 milliards de F CFA compenseront les petits propriétaires à qui il est demandé de suspendre la perception des loyers auprès des personnes sans revenus. Ces derniers profiteront de la gratuité du transport public et de la « banque alimentaire » dans laquelle il sera injecté 5 milliards de F CFA.

Dépendant du pétrole qui représente en moyenne 80 % de ses exportations, 45 % de son PIB et 60 % de ses recettes budgétaires, le pays devrait connaître un recul de sa croissance cette année du fait du choc sanitaire. La Commission économique pour l’Afrique (CEA) estime que cette crise pourrait lui coûter plus de 17 % de son PIB. Initialement, le FMI projetait un taux de croissance à 3,8 % du PIB en 2020, contre 3,4% l’année écoulée.

La baisse des cours du baril a amené Fitch la semaine dernière à dégrader sa note souveraine de B à CCC, estimant que la chute des liquidités qui s’ensuit accroit le risque sur le remboursement de sa dette. L’agence de notation s’attend cette année à un déficit budgétaire de 4,6 % du PIB, contre un excédent de 2 % en 2019.

 

Source : jeuneafrique.com

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