L’Afrique, qui semblait épargnée par la pandémie de Coronavirus, découvre désormais chaque jour de nombreux cas. Face à cette propagation du virus sur le continent, les gouvernements prennent des mesures drastiques mais seront-elles suffisantes ? Éric Delaporte, professeur de maladies infectieuses et directeur de l’unité d’infectiologie de l’Institut de recherche pour le développement y répond.

Alors que le Coronavirus se propage dans les différents pays d’Afrique, Éric Delaporte, professeur de maladies infectieuses et directeur de l’unité d’infectiologie de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) analyse la situation.

« On voit à quel point l’épidémie se développe de façon massive, sachant qu’on ne sait pas si le pire est inéluctable », a-t-il souligné. « C’est très difficile de prévoir une épidémie, a fortiori sur le continent africain où des facteurs environnementaux, des facteurs démographiques peuvent intervenir pour que l’impact de l’épidémie sur les populations ne soit pas exactement le même que dans les pays occidentaux. »

Le professeur a rappelé que l’un des enjeux principaux de cette épidémie en Afrique était la prise en charge des formes graves, voire très sévères. « Pour passer le cas aigu, il faut parfois une oxygénothérapie et donc un respirateur. Et c’est sûr que dans beaucoup de pays africains, il n’y a pas assez de respirateurs. C’est là où il va y avoir un gros problème. Donc il faut vraiment se focaliser sur la prise en charge de ces patients graves et formes sévères. Mettre en place une politique de dépistage et de traitement rapide pour ces formes qui risquent d’engager le pronostic vital. »

Selon Éric Delaporte, la jeunesse de la population en Afrique « peut être un élément déterminant sur l’impact que pourrait avoir l’épidémie » sur le continent. Il explique que « cette population jeune risque de se contaminer très rapidement, de contaminer les autres et de développer ce que l’on appelle une immunité, c’est-à-dire des anticorps. »

Et j’ajouter : « L’immunité collective pourrait freiner l’impact de l’épidémie et la contrôler. Ce n’est qu’une hypothèse mais il faut l’évaluer. »

Enfin, le professeur soutient la nécessité d’un couloir humanitaire pour que les pays puissent avoir accès aux réactifs, aux médicaments, notamment. Il insiste également pour que « les compétences réelles qui existent sur le continent africain » soient mieux utilisées.

 

Source : cavie-acci.org

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