Cette année a été éprouvante dans le monde entier. Il a ouvert ses portes aux deux plus grandes économies mondiales encore en proie à une guerre économique. Le Royaume-Uni, un autre acteur d’envergure mondiale, a tenté sans relâche de faire aboutir son accord de divorce avec l’UE.

La croissance mondiale a été très faible et, selon le FMI, l’activité manufacturière a ralenti à des niveaux jamais vus depuis la crise financière de 2008. La croissance devrait atteindre 3,2% en 2019 et 3,5% en 2020, soit 0,1% de moins que les prévisions d’avril des Perspectives de l’économie mondiale.

Les tensions commerciales qui ont aggravé cette faiblesse n’affectent pas seulement l’économie; ils compromettent également les perspectives futures de coopération internationale. Les changements politiques au Royaume-Uni et l’instabilité politique aux États-Unis, qui s’intensifieront à l’approche des élections de l’année prochaine, n’inspirent pas une atmosphère d’espoir.

L’Afrique a eu sa part de fortunes mitigées en 2019. En Algérie et au Soudan, les dirigeants de longue date ont été délogés du pouvoir, mais malheureusement, les événements découlant de ces changements n’ont guère inspiré l’espoir. Dans d’autres régions du continent, telles que le Malawi, l’Afrique du Sud, le Botswana et le Nigéria, des élections ont été organisées avec plus ou moins de succès.

Une note positive pour l’Afrique est que le continent résiste à la tendance de la croissance économique. La Banque africaine de développement prévoit une croissance du PIB de 4,1% en 2019 et de 4,1% en 2020. Cette année, l’Afrique a également manifesté un intérêt grandissant, comme en témoignent la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad) et le premier sommet Russie-Afrique.

Cette attention offre à l’Afrique une occasion unique de tirer parti de ses relations avec les puissances extérieures. Par ailleurs, une histoire de domination et d’exploitation étrangères offre à l’Afrique une leçon salutaire pour ne pas laisser l’intimité retrouvée se faire au détriment du continent. Il est de la plus haute importance de transformer la fortune du continent en améliorant la situation interne de chaque pays africain.

Le malaise interne qui touche des pays tels que l’Afrique du Sud n’est pas de bon augure pour les fortunes régionales ou continentales. Pour l’Afrique du Sud en particulier, sa portée régionale et continentale est telle qu’elle ne peut permettre à son économie de s’affaisser pour une période assez longue. Le pays devra se débarrasser de sa couche de corruption avec laquelle il se caractérise depuis 10 ans.

L’Afrique du Sud doit aussi comprendre que le monde est sorti de la bonne volonté qu’il prodiguait aux administrations Mandela et Mbeki. Au niveau continental, l’Afrique devrait prendre une décision ferme sur la question de savoir si des engagements étrangers massifs à l’égard du continent seront négociés avec des pays africains individuels ou constitueront le privilège de l’UA.

Dans le cadre de l’Agenda 2063, les membres de l’UA s’accordent sur ce qu’ils pensent des problèmes auxquels le continent est confronté et tracent une feuille de route sur la manière de résoudre ces problèmes. Mais il ne semble pas y avoir de solution claire quant à la manière dont l’UA pourrait extraire les conditions de partenaires non africains qui doivent être soumises à une surveillance continentale plutôt qu’à un contrôle national.

Une approche pan-africaniste serait celle qui négocie au niveau continental. Par exemple, l’UA devra déballer les accords que la Chine, avec son Initiative Ceintures et routes (BRI), passe avec l’Afrique. La BRI est une merveilleuse opportunité qui offre de nombreuses opportunités pour les défis d’infrastructures de l’Afrique, mais offrira des avantages déséquilibrés à l’Afrique si elle ne profite qu’aux pays dotés de ports.

La même approche devrait être adoptée avec la Ticad et maintenant la Russie. Les pays africains sont particulièrement désavantagés lorsqu’ils négocient à eux seuls avec de puissants prétendants non africains.

En chiffres, cependant, il y a de la force. La plus grande réalisation que l’Afrique ait enregistrée en 2019 a été la signature de l’Accord de libre-échange continental africain.

 

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Rédaction

Baobab News

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