Le port de Mutsamudu, sur l’île d’Anjouan aux Comores. IBRAHIM YOUSSOUF / AFP

 

Avec plus de 40% de sa population qui vit sous le seuil de pauvreté, l’archipel des Comores vient d’organiser à Paris (lundi 2 et mardi 3 décembre) une conférence des partenaires de son développement. Les dirigeants comoriens cherchaient 4,2 milliards d’euros auprès des bailleurs institutionnels et des investisseurs privés, pour financer des projets sur une dizaine d’années. Les promesses confirmées des uns et des autres totalisent 3,9 milliards d’euros, mais si on ajoute le montant des promesses non confirmées à la fin de la conférence, ce chiffre monte à 5,2 milliards d’euros.

La Banque mondiale, qui a accompagné le gouvernement comorien dans la préparation de la Conférence de Paris, s’est engagée à débloquer 175 millions de dollars pour l’archipel, en plus des 90 millions déjà engagés. Il s’agit pour la banque de répondre à l’appel du président comorien à financer le plan Comores émergentes 2030. La Banque mondiale souhaite voir se poursuivre les effets dans l’amélioration du climat des affaires aux Comores. À cet égard, le système financier comorien est encore trop faible. Les banques hésitent à prêter faute de garantie suffisante en cas de non-recouvrement des créances. Il faut donc améliorer le système judiciaire encore trop lent, selon Mark Lundell, directeur des opérations à la Banque mondiale, interrogé par Olivier Rogez.

« Il y a beaucoup de difficultés quand les entreprises ne payent pas. C’est très lent de passer par le système juridique pour avoir un résultat. Cela peut durer 2 à 3 ans. On doit se focaliser sur l’indépendance du système juridique pour diminuer l’incertitude du système financier. »

Le ministre comorien des Finances, Saïd Ali Saïd Chayhane, admet qu’il faut moderniser et donner plus de garanties au secteur bancaire. « On avance petit à petit. Avant c’était un environnement fermé, maintenant c’est ouvert et il y a la concurrence. À l’heure qu’il est, c’est la modernisation des instruments de paiement. Il y a le mobile banking qui a déjà démarré. Effectivement il y a nécessité de revoir la législation. Le tout est compris dans les réflexions qui sont développées au niveau du plan Comores émergentes. Ce sont des travaux qui vont se faire. Certains nécessitent du financement. C’est ce que nous sommes venus mobiliser. »

Gérante d’une agence de voyages basée à Paris, la Comorienne Zalifa Youssouf espère que les projets présentés aux investisseurs à la Conférence de Paris seront réalisés, notamment dans les transports, afin d’améliorer la fréquence des liaisons entre les quatre Îles qui composent l’Archipel.

« Nos clients qui partent d’ici, qui vont à Moroni et qui veulent trouver une correspondance, souvent, ils sont obligés de passer une nuit à Moroni avant de trouver la correspondance pour aller à Anjouan ou à Mohéli. Donc, de savoir qu’il y a plein de projets de constructions aéroportuaires… Nous ne pouvons qu’applaudir. »

Cet enthousiasme pourrait-il être de longue durée ? Est-ce que l’Archipel va réussir à absorber la totalité des fonds promis à Paris et à réaliser les différents projets de développement ? Selon le ministre comorien des Finances, une équipe comprenant des experts, chargée de suivre la réalisation des projets, sera rapidement mise en place.

 

Source : rfi.fr

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