Le président sud-africain Cyril Ramaphosa. © Alastair Grant/AP/SIPA

 

Le président Cyril Ramaphosa a ouvert la Conférence pour l’investissement en Afrique du Sud le 5 novembre, dont il attend 73 milliards d’euros en neuf ans. Bien que l’agence Moody’s n’a pas déclassé à nouveau le pays, la charge de la dette demeure menaçante.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa fait feu de tout bois pour éviter une nouvelle récession, qui serait catastrophique pour le pays. Le 5 novembre, il a ouvert à Sandton la deuxième Conférence pour l’investissement en Afrique du Sud, à travers laquelle il espère convaincre en deux jours les investisseurs domestiques et étrangers des multiples opportunités économique qu’offre son pays. D’autant plus alors qu’il a commencé à y améliorer le climat des affaires et à reprendre en main des entreprises publiques en déshérence.

Cyril Ramaphosa, en poste depuis février 2018, compte ainsi attirer en neuf ans 1,2 billion de rands (73 milliards d’euros) dans des partenariats public-privé et dans des créations d’entreprises totalement privées.

La veille, il avait annoncé la création d’un Bureau de l’investissement et des infrastructures, logé à la présidence, afin de coordonner l’ensemble des structures travaillant à mobiliser des fonds et à détecter les blocages ralentissant les projets d’infrastructures et les projets privés.

Il a aussi renforcé l’équipe des « envoyés spéciaux » chargés de promouvoir l’Afrique du Sud sur les marchés internationaux, et d’orienter les investisseurs vers les secteurs clés de son économie. Trois nouveaux envoyés rejoignent ainsi les quatre en place depuis le mois d’avril.

Moody’s maintient sa notation

Le 1er novembre, l’agence de notation Moody’s lui a par ailleurs donné un « coup de main » en maintenant la note de la dette sud-africaine à « Baa3 », avec une perspective négative. Le rand et la Bourse de Johannesburg sont aussitôt remontés, car les investisseurs, aux aguets, craignaient une nouvelle dégradation de la note sud-africaine, qui aurait signifié le retrait des obligations du pays de l’Index mondial des obligations souveraines.

Le répit pourrait n’être que de courte durée. En effet, il faudra que le gouvernement de Pretoria donne des preuves tangibles de son volontarisme en établissant un prochain budget qui s’annonce schizophrène. Celui-ci devra à la fois doper une croissance anémique estimée à 0,5 % en 2019, et stopper la hausse de la dette, proche de 70 % du produit intérieur brut, notamment en réduisant la masse salariale du secteur public.

Sans oublier la menace latente de la société nationale d’électricité Eskom, que l’État a secouru trois fois depuis le début de l’année pour lui éviter de faire défaut sur sa dette colossale de 440 milliards de rands (27 milliards d’euros), et dont la réforme en profondeur tarde à se décider. Les syndicats refusent sa scission en trois entités pour la production, la transmission et la distribution du courant.

 

Source : jeuneafrique.com

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