Alors qu’elle accuse encore un retard certain dans le développement des outils numériques, l’Afrique pourrait bien profiter de ce handicap pour rebondir plus haut. Avec son impressionnante croissance démographique et l’expansion des villes, le continent doit innover s’il ne veut pas louper le coche.

Les chiffres sont sans appel. Alors que les principaux pays d’Asie sont entrés dans une phase de transition démographique, c’est bien l’Afrique qui est le futur géant de la planète. D’ici 2100, les prévisions de l’ONU estiment que sa population devrait croître de 1,2 milliard à 4,4 milliards d’habitants. Tandis que 17 % de la population mondiale est aujourd’hui africaine, on passerait ainsi 40 % dans un peu plus de 80 ans. Cette augmentation continue de la population africaine renforcera naturellement le mouvement d’exode rural, qui sature déjà aujourd’hui les grandes villes du continent.

Selon un rapport de la Banque mondiale, 187 millions de personnes supplémentaires devraient venir grossir les villes africaines d’ici 2025 ; soit l’équivalent de la population totale du Nigeria. Si rien n’est fait, cette situation de surpopulation pourrait virer au chaos, avec les conséquences que l’on peut imaginer sur le logement, l’approvisionnement en eau, en électricité, le trafic routier, l’évacuation des déchets…

Pour de nombreux spécialistes, l’une des solutions pour anticiper les problèmes est la smart city, cette « ville intelligente » qui est précisément conçue pour gérer et optimiser tous types de flux. Mais sur ce point, Khaled Igue est très clair : « Pour les pays africains, ce challenge demandera investissement et vision de la part des décideurs. Comme la téléphonie en son temps, l’état des infrastructures électriques du continent est souvent bien en dessous des normes internationales », estime le président du Club 2030 Afrique et vice-président de la French-African Foundation dans une récente tribune publiée dans Le Point.

De nombreux projets lancés

Les exemples d’initiatives concrètes qui ont déjà été lancées dans le sens de la smart city ne manquent pas. En Côte-d’Ivoire, le déploiement de compteurs communicants permet d’ores et déjà une meilleure gestion des flux d’électricité. Au Ghana, le cadastre numérique et participatif Bitland est un projet pour le moins innovant, qui fonctionne grâce à la blockchain. Plus au nord, en Tunisie, c’est un programme de diffusion de panneaux solaires et de LED qui a été lancé ; il concerne 6 000 mosquées à travers le pays. A Nairobi, capitale du Kenya, la municipalité a inauguré un tout nouveau système de gestion de la circulation, afin d’optimiser le trafic. En Égypte, c’est une nouvelle capitale administrative qui devrait bientôt sortir de terre, afin de décongestionner Le Caire, qui étouffe littéralement. Située à 45 kilomètres de la capitale, elle accueillera six millions de personnes dans « la ville la plus high-tech du pays ».

Un projet similaire est actuellement en développement au Sénégal, avec une future cité administrative baptisée Diamniadio (350 000 habitants sur 2 000 hectares), ou encore au Burkina Faso, avec Yennenga, qui sera implantée à seulement 15 kilomètres de Ouagadougou. Sans compter Waterfall City (Afrique du Sud), Vision City (Rwanda), Sèmé City (Bénin), ou encore Hope City (Ghana). Abidjan, la capitale économique de la Côte-d’Ivoire, se modernise elle aussi à toute vitesse, et pourrait bien devenir la première véritable smart city d’Afrique.

En avril dernier, un « projet inédit » de construction d’une smart city à Treichville -commune de l’agglomération d’Abidjan- a été officiellement lancé par les ministres ivoiriens de la Ville et du Tourisme. Il prévoit la construction d’une ville intelligente dont les équipements n’ont rien à envier aux programmes qui se développent actuellement en Europe.

 

Source : afrique.latribune.fr

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