Le tribunal de commerce de Paris vient de donner raison à la compagnie tricolore et demande à la compagnie malgache de verser les arriérés de loyer des Airbus A340. Cette dernière va faire appel.

 

Le conflit qui oppose les deux compagnies Air France et Air Madagascar trouve son origine en 2011 quand l’Union européenne place les deux Boeing 767-300 du transporteur malgache sur liste noire, ce qui lui interdit entre autres de desservir Paris et Marseille. Un Boeing 777 est loué dans un premier temps, remplacé par deux A340 d’Air France acquis en location-vente. Air Madagascar peut ainsi poursuivre la desserte de l’Europe, puis sort de la liste noire en 2016.

Avantage Air France

Le tribunal de commerce de Paris s’est prononcé hier sur le montant de la facture de location et sur les loyers restant à payer. Air France demande l’application du contrat tandis qu’Air Madagascar plaide sur la faible valeur de l’A340, un quadrimoteur gourmand en carburant et en maintenance par rapport aux avions de dernière génération comme le B787, l’A350 ou l’A330neo. Pour le tribunal, la dette à payer par Air Madagascar est de 46 millions de dollars, un montant chiffré en monnaie US qui est la référence utilisée dans les contrats de location d’avions. « Air Madagascar estime être dans son bon droit et va exercer tous les recours légaux qui sont à sa disposition à l’encontre de cette décision », est-il indiqué dans un communiqué de la compagnie, ce qui laisse entendre qu’un recours aura lieu devant la cour d’appel de Paris. À plusieurs reprises, la direction d’Air Madagascar a d’ailleurs signalé que ses finances ne lui permettaient pas de payer sa dette de 46 millions de dollars…

Air Austral impliquée

Cette affaire doit être resituée dans le contexte de la situation économique d’Air Madagascar. Perpétuellement au bord de la faillite, minée par la corruption, la compagnie a toutefois vu en 2017 le transporteur de La Réunion Air Austral entrer au capital à hauteur de 49 %. En fait, c’est le contribuable réunionnais qui a été sollicité via la Sematra, la société d’économie mixte de la région. Cette dernière a injecté 48 millions d’euros cette année. Le département, lui, s’est désengagé.

Air Austral assurait la direction opérationnelle, mais faute d’agrément technique IOSA (Audit de sécurité opérationnelle de l’IATA), aucun vol partagé n’a pu être mis en place entre les deux compagnies. Le développement né de l’union est donc resté modeste, limité à des droits de trafic entre les deux pays et à la création d’une filiale. À l’occasion, le concurrent Corsair a été éjecté de la desserte inter-îles. Mais il y a aussi des coups de canif dans le contrat de mariage. Faute d’augmenter sa participation, Air Austral risque de voir son actif dilué, car l’État malgache tente d’augmenter le capital de sa compagnie. Sans succès, Qatar Airways et Turkish Airlines ont été sollicitées. Le partenaire rêvé serait Ethiopian Airlines, la compagnie est-africaine très bien gérée et très rentable. Elle souhaite le rester…

 

Source : lepoint.fr

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