En 2020, le conseil d’administration du FMI devra approuver une ligne de crédit au bénéfice de la RDC, après l’audit profond que devra subir la Banque centrale congolaise. Voulant rompre avec la situation économique et financière qui prévaut actuellement dans le pays, le gouverneur Deogracias Mutombo négocie à Washington une accélération du processus.

« Nous aimerions que cela se fasse très rapidement même au début de novembre », a déclaré Deogracias Mutombo, gouverneur de la Banque centrale congolaise (BCC) à Zoom Eco ce jeudi 17 octobre à Washington où se tiennent ces 18 et 19 octobre l’assemblée annuelle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).

Le due diligence de la BCC passera au peigne fin

La RDC s’apprête à recevoir une mission du FMI d’ici novembre prochain qui devrait, à la suite de plusieurs étapes, aboutir à l’octroi d’une ligne de crédit dans le but d’aider le pays à se refaire financièrement et économiquement. Il s’agira d’une mission d’inspection au cours de laquelle les experts du Fonds soumettront la Banque centrale congolaise à un audit de due diligence. Le FMI vérifiera la capacité de la Banque centrale congolaise à bien gérer les fonds qui lui seront versés et à communiquer des informations financières fiables sur la période du prêt. Cela prendrait en compte, entre autres, les mécanismes d’audit interne et externe, le système de contrôle interne ainsi que les systèmes d’information financière. A son niveau, la BCC, se dit prête pour tous ces contrôles.

A Washington où séjourne cette semaine une forte délégation congolaise avec à sa tête le chef de l’Etat Félix Tshisekedi, Deogracias Mutombo a essayé de presser le FMI pour une accélération du processus, mais l’Institution de Bretton Woods ne l’entend pas vraiment de cette oreille. « Ils m’ont dit qu’ils doivent prendre un peu de temps pour confectionner les termes de référence. Nous avons convenu avec eux qu’au plus tard mi-novembre -ils estiment que c’est peut-être tôt- ils arrivent à Kinshasa et deux semaines après, la mission sera terminée et le rapport sera délivré », a confié le gouverneur de la BCC.

Besoin d’équilibre

En RDC, la situation économique et financière est difficile. A 5,8% en 2018 grâce au cuivre et au cobalt dont les prix et la production ont grimpé sur la période, la croissance devrait ralentir à 4,3% cette année, tandis que les recettes minières -principal nerf de l’économie congolaise- devraient reculer, selon les prévisions du FMI. Depuis, l’équation la plus stratégique -et probablement la plus complexe- que doivent résoudre les autorités du pays est bien celle de la diversification. Dans ce contexte, le coup de pouce du FMI est donc bienvenu.

Comme dans tous les programmes d’appui du Fonds monétaire international, la RDC devra engager une série de mesures visant à donner un nouveau souffle aux comptes de l’Etat et à l’économie en général. Le rôle de la Banque centrale sera donc majeur. Outre l’appui du FMI, le gouvernement envisage de lancer des bons de trésor.

 

Source : afrique.latribune.fr

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