L’Afrique continue de faire face à un défi majeur en matière d’emploi : en termes simples, les pays ne créent pas suffisamment d’emplois. Selon certaines estimations, le continent devrait créer 15 millions d’emplois par an pour répondre à la demande de la main-d’œuvre en plein essor. De nombreux analystes estiment à présent que le défi de la création d’emplois pourrait être exacerbé par les perturbations économiques de la quatrième révolution industrielle.

L’automatisation est un pilier essentiel de la quatrième révolution industrielle et une menace importante pour la nécessité de créer des emplois en Afrique. Historiquement, la fabrication à grande échelle a été une étape importante du processus de développement. Mais à présent, les technologies permettant d’économiser de la main-d’œuvre menacent l’avantage comparatif de l’Afrique en termes de bas salaires, et des preuves récentes suggèrent déjà une désindustrialisation prématurée dans les pays en développement.

Tout n’est pas perdu : alors que l’automatisation est un défi pour l’avenir du travail en Afrique, d’autres aspects de la quatrième révolution industrielle créent d’énormes possibilités d’emploi. Avec l’expansion des services numériques, ce secteur a créé des emplois pour les agents et les experts en technologie. La numérisation dans le secteur financier a amélioré l’épargne et élargi l’accès au crédit, amélioré l’inclusion financière et accru l’autonomisation financière des femmes. Des plateformes numériques telles qu’Uber et Lynk (la plateforme technologique pour les travailleurs du secteur informel au Kenya) stimulent l’esprit d’entreprise et le travail indépendant.

Ces innovations offrent aux pays africains d’énormes possibilités de résoudre les problèmes de développement à grande échelle et avec une plus grande efficacité. Pour exploiter pleinement les avantages, les décideurs doivent comprendre les opportunités et les défis présentés par les nouvelles technologies. Les gouvernements doivent reconnaître la numérisation en tant que secteur transversal et élaborer une stratégie à l’échelle de l’économie mise en œuvre par un ministère de la numérisation bien financé et performant. Les décideurs devraient s’engager activement dans le secteur et adopter des réglementations adaptées à l’évolution rapide de l’environnement. Si la réglementation ne parvient pas à suivre le rythme, cela pourrait ralentir ou freiner l’ajustement de l’économie aux nouvelles technologies.

En outre, les pays africains doivent continuer à progresser sur les infrastructures numériques et la connectivité. Dans le même temps, étant donné que les emplois du secteur numérique nécessiteront un ensemble de compétences différent, y compris des compétences générales telles que la capacité cognitive, la capacité socio comportementale et la pensée critique, les programmes d’éducation et de formation devraient être adaptés et développés pour suivre ces nouvelles compétences.

Les nouvelles technologies numériques offrent des possibilités d’innovation et de progrès dans le secteur de l’éducation où la population en plein essor de la région devrait peser lourdement sur les infrastructures et les ressources de l’éducation.

Enfin, les gouvernements doivent intensifier leurs efforts de mobilisation de revenus pour financer le programme de numérisation. Depuis 2000, les pays africains ont progressé, les recettes fiscales hors ressources augmentant régulièrement, passant de 11% du PIB à une moyenne de 15% en 2015. Selon une étude récente de l’Initiative de croissance pour l’Afrique, la capacité fiscale en Afrique subsaharienne est estimée à environ 20% du PIB. À court terme, réduire l’écart entre les recettes actuelles de la région et sa capacité fiscale en améliorant la gouvernance en matière de fiscalité peut mobiliser 110 milliards de dollars supplémentaires par an, en moyenne, au cours des cinq prochaines années. Notamment, la numérisation offre également la possibilité d’accroître la mobilisation des ressources nationales en rationalisant la collecte des recettes et en colmatant les fuites.

«L’agenda de la numérisation devrait être mis en œuvre avec une urgence accrue… L’ampleur des perturbations associées aux nouvelles technologies ne fera que croître. Alors que l’Afrique a démontré sa capacité à innover et à jouer un rôle de premier plan dans le développement, l’ampleur du défi nécessitera un effort plus concerté et coordonné mené par les gouvernements et les sociétés civiles africaines avec le ferme appui des partenaires et des institutions de développement et de la participation du secteur privé. Une Afrique numérisée avec succès produira d’énormes avantages socioéconomiques pour l’Afrique et l’économie mondiale. »

 

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La Rédaction

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