A Baguinéda, dans la région de Koulikoro (est du Mali), les bas-fonds s’étendent à perte de vue, aux abords du fleuve Niger. Entre deux périmètres irrigués de riz, des femmes, accompagnées de leurs enfants s’attèlent à extraire les mauvaises herbes. Leur époux et père, Dramane Diallo, 54 ans, est à la tâche avec eux.

Grâce au Projet de renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle de la région de Koulikoro au Mali (PReSAN-KL), financé par la Banque africaine de développement, les récoltes de riz et de céréales dans la région dite du ” bol à riz ” du Mali ont considérablement augmenté. Et des familles comme celle de Diallo en récoltent les fruits.

« Par le passé, il était impossible d’approcher des digues, en raison de leur état de dégradation avancée. Nous avions des problèmes pour irriguer nos parcelles, se souvient Diallo. Mais aujourd’hui, des travaux ont été effectués pour la remise en état des canaux d’irrigation. Ce qui rend mon travail désormais moins pénible ».

Pour ce cultivateur, la période de disette est un vieux souvenir. Il a repris goût au travail et peut envisager sereinement l’avenir de sa progéniture. « A chaque récolte, mes rendements s’améliorent et je peux subvenir aux besoins de ma famille. J’ai même pu acheter un terrain et construire une belle maison. Aujourd’hui, la vie est vraiment meilleure qu’avant », affirme fièrement Diallo. » Il est devenu un des fournisseurs du marché de Baguinéda, où les céréales et autres légumes ne manquent plus.

« Avant, les produits agricoles étaient rares sur notre marché. La demande était pourtant forte mais les marchandises proposées par les producteurs étaient assez chères et de mauvaise qualité. Ce n’est plus le cas, depuis ces deux dernières années. Maintenant, un marché moderne a été aménagé, nous avons tout ce dont nous avons besoin sur notre marché et avec la bonne qualité », relève Ténin Traoré consommatrice.

Adiaratou Traoré, elle, a choisi de vendre des légumes, « parce que ces produits sont disponibles ici ». Chaque soir, elle part à la rencontre des producteurs sur les sites de production, achète les légumes et les revend le matin venu sur ce qui est considéré comme le plus grand marché de la région de Koulikoro.

Comme à Baguinéda, les activités de production dans les bas-fonds se sont améliorées, depuis 2015, dans les localités voisines de Balazan, Figuiratomo, Koursalé, Séguéla et Faragué. Toutes sont bénéficiaires du Projet pour le renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région de Koulikoro au Mali (PReSAN-KL). Il est financé à hauteur de 51,8 millions de dollars américains, dont un prêt de 10 millions de dollars du Fonds spécial du Nigeria, 4,56 millions de dollars du Fonds africain de développement, logés à la Banque africaine de développement et 37,21 millions de dollars du Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire.

L’objectif du projet est d’accroître la production agricole de 10 600 tonnes de riz et 20 300 tonnes de fruits et légumes. Ce qui devrait permettre d’améliorer la sécurité alimentaire pour environ 178 000 personnes, réduire la pauvreté dans la région et surtout constituer une source de ravitaillement de la région nord, en proie à une instabilité sécuritaire.

Depuis le début de la mise en œuvre du projet, il y a quatre ans, quatre nouveaux périmètres irrigués ont été aménagés à Balazan, Figuiratomo, Koursalé et Séguéla (1 256 hectares), un bas-fond de 50 ha a connu des travaux d’aménagement à Faragué. A Baguinéda, le projet a sécurisé le drainage de l’eau au niveau du périmètre irrigué d’une superficie de 3 000 ha, 1 000 ha de bas-fonds ont été valorisés et 18 hectares affectés aux femmes pour la mise en place de jardins maraîchers.

Les résultats attendus à la production sont en passe d’être atteints. Puisque le rendement du riz à Balazan devrait passer de 900 kg à l’hectare en 2014, à 3,5 tonnes à l’hectare au terme du projet, fin 2019. A Faragué, 3,1 tonnes à l’hectare doivent être produites contre 900 kg à l’hectare. Quand le vaste grenier de Baguinéda est proche des  6 tonnes à l’hectare contre 4,75 tonnes.

« C’est un projet de développement intégré, de la récolte, à la transformation jusqu’à la commercialisation, explique Adama Diarra, coordinateur du PReSAN-KL. Le plus grand succès de ce projet participatif réside dans la réhabilitation de tous les sites de production. Les aménagements nous ont permis d’avoir des rendements élevés, d’économiser de l’eau et de produire plus pour vendre plus ».

 

Source : afdb.org

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