Visite officielle de la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, hier, au bureau du premier ministre du Québec, François Legault. On aperçoit à droite la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault.

 

Du 10 au 13 juin s’est tenue la 25e Conférence de Montréal du Forum économique international des Amériques, à laquelle ont pris part quelque 4000 participants, dont le premier ministre François Legault, des ministres et de nombreuses personnalités des quatre coins du monde.

L’événement se déclinait, cette année, sous le thème « Mener le changement » et, fait rarissime, l’Afrique s’y est invitée.

Un continent en émergence

La nouvelle secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), la Rwandaise Louise Mushikiwabo, et la ministre des Relations internationales du Québec, Nadine Girault, y ont lancé un appel à voir l’Afrique autrement.

Il y a 32 ans, en marge du deuxième Sommet de la francophonie, qui s’est tenu à Québec du 2 au 4 septembre 1987, j’avais donné une conférence au Manège militaire et plaidé pour un partenariat équitable Québec-Canada-Afrique.

Trois décennies plus tard, des petits pas ont été faits, mais le partenariat économique et politique se fait toujours attendre.

C’est que l’Afrique demeure mal connue, mal perçue et surtout associée à la pauvreté, aux épidémies et aux conflits. Il y a de cela, c’est vrai. Mais l’Afrique a aussi beaucoup changé. « L’Afrique doit cesser d’être le sujet de charité. [Elle] doit être un partenaire ! », dira la secrétaire générale de l’OIF.

La ministre Girault l’a également rappelé : « Six des dix pays ayant connu la plus forte croissance dans le monde étaient africains », en 2018.

C’est dans ce contexte que l’Union africaine s’est donné un plan directeur, l’Agenda 2063, pour « transformer l’Afrique en puissance mondiale de l’avenir ». Déjà, plusieurs économies sont en émergence.

Un nouveau leadership s’affirme et un accord de libre-échange continental vient d’y être conclu, créant un espace de prospérité économique de plus de 1,2 milliard de consommateurs. L’ONU estime que le commerce intra-africain connaîtra une croissance de près de 52 % d’ici 2022.

Vision Afrique

Le Québec a innové en manifestant un grand intérêt pour ce continent d’avenir. Une vision pour l’Afrique a été élaborée au ministère des Relations internationales et de la Francophonie. Une première.

Plusieurs raisons plaident en faveur d’une telle orientation. Déjà, l’Afrique francophone est au cœur de la francophonie. Sur les 88 États et gouvernements membres de l’OIF, 32 pays sont africains.

Une priorité est donnée aux jeunes. Une enveloppe partenariale d’un million de dollars a été annoncée, lors de la Conférence de Montréal, pour la réalisation de projets d’insertion socioprofessionnelle en Afrique francophone.

Un montant qui s’ajoute aux 4,5 millions $ déjà consentis par le premier ministre Legault au chapitre de l’entrepreneuriat jeunesse et de la mobilité Québec-Afrique, lors du 17e Sommet de la francophonie, à Erevan, en octobre 2018.

La ministre Girault parle d’« une nouvelle phase de collaboration Québec-Afrique » pour diversifier notre économie.

En prenant le virage Afrique maintenant, le gouvernement du Québec élargit son champ d’action à l’international et s’apprête à construire des alliances stratégiques avec un continent où se dessine l’avenir du monde.

 

Source : journaldemontreal.com

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