Arrivé au pouvoir en janvier dernier, le nouveau président Andry Rajoleina a promis d’accélérer la croissance économique du pays à travers son Initiative pour l’émergence. (Crédits : La Tribune Afrique)

 

La croissance économique malgache devrait dépasser 5% en 2019, en raison principalement du dynamisme de l’activité du secteur privé, selon une mission du FMI qui vient de conduire une mission d’évaluation dans le pays. Un bon héritage pour le nouveau président Andry Rajoelina «TGV» qui entame ainsi son mandat sous de bons auspices.

L’économie malgache va bien. C’est le constat fait par une mission du FMI qui a séjourné dans le pays, du 11 au 15 février, dans le cadre de la quatrième évaluation du programme de Facilité élargie de crédit (FEC). Selon le chef de mission, Marshall Mills, «la mise en œuvre du programme soutenu par le FMI est restée généralement satisfaisante l’année dernière, hormis quelques faiblesses dans la collecte des recettes». Malgré le contexte électoral qui a connu plusieurs soubresauts, l’activité économique est restée sur une bonne dynamique avec 5% de croissance estimée en 2018 et des prévisions encore plus robustes pour l’année en cours.

«Les développements économiques ont été généralement favorables en 2018, malgré le cycle électoral. La croissance a dépassé les 5% selon les dernières estimations en raison d’une reprise de la production agricole et du dynamisme des activités du secteur privé, notamment dans la construction, les télécommunications et les services de transport», a estimé Marshall Mills, le chef de mission du FMI.

Des indicateurs au vert

Selon les services du FMI, en dépit de prix pétroliers en hausse, la position extérieure s’est améliorée grâce aux fortes exportations de vanille et minières. Après avoir culminé fin 2017, l’inflation a ainsi régulièrement diminué pour se situer à environ 6% en fin décembre. «Les perspectives restent positives pour 2019, avec une croissance qui devrait encore dépasser 5% dans un environnement économique stabilisé, renforcé par une plus grande stabilité politique et l’engagement des autorités à mettre en œuvre des réformes économiques», a souligné le fonds dans un communiqué de fin de mission.

A l’issue des différents entretiens et réunions techniques avec les responsables techniques ainsi que ceux en charge de l’économie et des finances, le FMI a estimé par ailleurs que les objectifs du nouveau gouvernement visant à augmenter les dépenses sociales et d’investissement reposent sur un effort continu pour accroître les recettes et réduire les dépenses de moindre importance, en particulier les subventions dans les secteurs du pétrole et de l’électricité.

Ce dynamisme de l’économie malgache constitue un bon départ pour le nouveau président Andry Rajoelina et le nouveau gouvernement qui ont tenu à réitérer au FMI, «leur engagement à accélérer les réformes économiques dans le cadre du programme appuyé par la FEC et à poursuivre la coopération avec le Fonds». Dans ce cadre, les plans du gouvernement pour augmenter les dépenses sociales et d’investissement ont été jugés par le fonds, «déterminants pour une croissance inclusive et concordent largement avec les priorités du programme». Ces projets reposent en effet et de manière critique sur l’augmentation des recettes fiscales dans le cadre du programme, « ce qui suppose la poursuite des réformes de l’administration fiscale telles que le renforcement des procédures comptables, ainsi que la protection des recettes, lesquelles pourraient souffrir de dépenses fiscales ou des régimes d’exonération ».

Autre recommandation du fonds, la «priorisation rigoureuse en matière de projets d’investissement et la préservation de la soutenabilité de la dette [qui] sont par ailleurs essentielles pour le succès de ces projets». A la fin de la mission, les autorités malgaches et la mission du FMI ont également convenu de la nécessité de continuer à renforcer la gouvernance et d’intensifier la lutte contre la corruption, «un objectif central du nouveau gouvernement». À cet égard, il a été décidé d’accorder la priorité à l’adoption d’un nouveau projet de loi sur le recouvrement des avoirs illicites afin de compléter le cadre juridique de lutte contre la corruption dans le pays.

 

Source : afrique.latribune.fr

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