Le cardio-pad d’Arthur Zang est un exemple de réponse aux besoins de santé en Afrique. © DR

 

La santé, secteur d’avenir en Afrique ? C’est en tout cas la conviction de Vera Songwe, secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (Uneca). Dans une annonce aux décideurs et chefs d’État réunis au premier Forum Africa Business : Health Forum à Addis-Abeba, l’économiste camerounaise a affirmé que le continent représentera 14 % des opportunités d’affaires dans le monde dans le secteur médical d’ici 2030, juste derrière les États-Unis à 21 %. Et l’industrie est prometteuse, puisqu’elle pourrait générer près de 16 millions d’emplois sur le continent. Une situation dont pourrait profiter le secteur privé.

Car si en Afrique la demande en soins de santé est très forte, l’offre, elle, est plutôt maigre, notamment dans l’industrie pharmaceutique. Avec seulement 3 % de la production mondiale et une majorité de médicaments contrefaits, l’enjeu est majeur en termes de santé publique. Dans ce contexte, les acteurs privés sont donc de plus en plus sollicités. Le but : combler les défaillances des pouvoirs publics, mais aussi réduire la facture. Car les importations de produits pharmaceutiques coûtent cher. D’après Vera Songwe, elles s’élèveraient à 14 milliards de dollars par an.

L’innovation privée à la rescousse

Si les Africains ont du mal à trouver des médicaments, l’accès aux soins généraux peut également relever du parcours du combattant. Sur un continent où les maladies cardio-vasculaires sont responsables de la mort d’un million de personnes chaque année, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), faire un électrocardiogramme ou consulter un cardiologue n’est pas si facile. Et face à l’inertie des autorités, les entrepreneurs prennent peu à peu le relais. Comme Arthur Zang, ingénieur de formation, fondateur du Cardio Pad au Cameroun. L’appareil permet de réaliser des électrocardiogrammes n’importe où dans le pays, à bas coût. Surtout, l’application en lien avec la machine permet la transmission à distance des données récoltées à un cardiologue, un spécialiste rare dans le pays.

Au Rwanda, c’est dans le transport médical que s’illustre la start-up Zipline. L’entreprise a choisi un moyen original pour palier les difficultés logistiques qu’implique l’acheminement de sang : le transport des poches par drones. Via la messagerie WhatsApp, les médecins peuvent commander les rhésus dont ils ont besoin, partout dans le pays. Une initiative bienvenue lorsque l’état des infrastructures – en l’occurrence les routes – empêche le corps médical d’exercer son métier.

À l’arrivée, ces procédés qui rencontrent un grand succès dans les pays concernés pourraient en inspirer d’autres. « Nous devons admettre que les gouvernements et le secteur privé doivent coopérer dans le domaine de la santé », a déclaré lors du Forum le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Le secteur privé a ainsi voie ouverte pour transformer les besoins et manques en opportunités dans un secteur important : celui de la santé.

 

Source : afrique.lepoint.fr

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