Le Bureau national de la Banque africaine de développement en Guinée (COGN) et le ministère guinéen du Plan et du développement économique ont procédé à la signature de deux protocoles d’accord, l’un de don et l’autre de prêt, vendredi 18 janvier 2019, au Petit palais, sur la presqu’île de Kaloum à Conakry. D’un total de 11 millions de dollars, ces accords de financement sont destinés au projet d’appui à la transformation de l’agriculture guinéenne et de l’entreprenariat agricole des jeunes (PATAG EAJ).

D’un coût de 12,4 millions de dollars, ainsi couvert à 89 % par les ressources de la Banque africaine de développement, le projet, qui sera déployé sur quatre ans, entend promouvoir la filière rizicole et les produits maraichers dans les préfectures de Boké et Boffa, au nord-ouest de la capitale : aménagement des bas-fonds sur 237 hectares, production de semences, création de jardins pour les femmes, maraichage, plus de 65 km de pistes, plusieurs marchés et magasins… L’objectif est de contribuer à asseoir une croissance économique forte et inclusive, en misant sur une hausse de la production et de la productivité et un meilleur accès aux facteurs de production, de transformation et aux marchés ; sur le développement des chaines de valeur agricoles résilientes face aux changements climatiques et à forte employabilité de jeunes et de femmes ; sur un accès élargi aux services socioéconomiques de base ; ainsi que sur le renforcement des capacités pour une meilleure gouvernance du secteur agricole.

Le PATAG offrira un accompagnement à 5 000 producteurs, 1 000 jeunes et femmes, 100 semenciers, 100 groupements et 20 unions de groupements de femmes et de jeunes. Au total, 39 252 personnes bénéficieront directement des retombées du projet, dont les différentes activités profiteront à 247 287 bénéficiaires indirects.

La cérémonie de signature s’est déroulée en présence de la ministre guinéenne du Plan et du développement économique Kanny Diallo, par ailleurs gouverneure de la Banque pour la Guinée, de Mariam Camara, ministre de l’Agriculture, de Mouctar Diallo, ministre de la Jeunesse et de l’emploi des jeunes, et de Diariatou Diallo, conseillère du Premier ministre chargée de l’impulsion, de l’emploi, de l’entreprenariat des jeunes et des femmes.

De fait, le projet répond au deuxième pilier du Programme national de développement économique et sociale (PNDES 2016-2020) qui vise une transformation économique durable et inclusive, ainsi que l’a souligné madame Kanny Diallo, qui s’est aussi réjouie qu’il s’inscrive dans le droit fil de la Politique nationale de développement agricole (PNDA 2016-2025), qui entend accroître la contribution du secteur agricole à la sécurité alimentaire, à la nutrition et à la réduction de la pauvreté dans le pays. La ministre n’a pas manqué de remercier la Banque africaine de développement pour son soutien constant à la Guinée, ainsi que son président, Akinwumi Adesina, pour son engagement personnel aux côtés des autorités guinéennes.

Le projet appuiera des unités de transformation de produits agricoles et contribuera à la diffusion de techniques innovantes à même d’augmenter la productivité des jeunes et des femmes, en lien avec l’initiative de la Banque dite TAAT (« Technologies pour la transformation de l’agriculture en Afrique »), a précisé Léandre Bassolé, responsable pays de la Banque en Guinée, qui a tenu à réitérer l’engagement de la Banque aux côtés du gouvernement guinéen dans tous ses efforts de développement entérinés dans son PNDES 2016-2020, qui entend améliorer durablement les conditions de vie des Guinéens.

Deux mois plus tôt, le 14 novembre 2018, un autre accord avait déjà été signé entre la Banque et la Guinée, portant cette fois sur la mise en œuvre du PNDES (2016-2020), financé sur les ressources de la Facilité d’appui à la transition de la Banque.

A ce jour, le portefeuille d’opérations approuvées de la Banque en Guinée représentent un engagement total de 560 millions de dollars, dont 96 millions de co-financements mobilisés auprès de partenaires tels que l’Union européenne et le Fond vert pour le climat. Entre 1977 et 2016, ce sont plus de 357 millions de dollars d’opérations qu’elle a consacrées au développement des chaînes de valeurs agricoles et industrielles dans le pays. Le Document de stratégie pays 2018-2022 de la Banque pour la Guinée, qui en fait l’un de ses deux piliers, marque son grand retour dans ce domaine. Le projet d’hydraulique rurale en Haute-Guinée, le projet de pistes rurales PNIR et le projet NERICA constituaient les derniers projets d’envergure de la Banque dans le pays.

 

Source : afdb.org